11 jours en Chine

Chine 2016

Mon petit périple débute à Shanghai, autrement dit au travers des vitres du monde.
Surmontée par les buildings du centre des affaires, cette ville c’est en un quart de siècle, imposée dans la mondialisation.
D’une petite bourgade de pêcheur, Shanghai est devenue la ville incontournable des échanges, avec à son bord, le premier port mondial de 119 km². Mais c’est aussi une ville marquée par de fortes inégalités.
Shanghai, c’est la pollution causée par l’industrialisation et subis par la population, c’est un centre inaccessible aux petits revenus qui ne peuvent qu’admirer les tours qui dominent le monde de la finance, mais c’est surtout la ségrégation sociale des travailleurs migrants.

2017 © Valentine ZELER

Se promener dans Shanghai est vraiment intéressant, on peut passer du centre huppé avec ses centres commerciaux de luxe et ses H&M sur six étages, à de petites ruelles isolées où l’on fabrique des spaghettis à la main, à quelques mètres de serpents dans des bassines et au-dessus des milliers d’habits suspendus, reliant les ruelles entre elles.

Direction Nankin, pour 5 jours en immersion totale.
Accueillis par une famille au grand cœur, j’ai passé 3 jours entiers en leur compagnie, loin de mes compagnons de voyage. Ils m’ont fait découvrir le mausolée du Président considéré comme « le père de la Chine moderne », Sun Yat Sen, mais j’ai aussi eu la chance de manger sur les toits de Nankin, une vue imprenable pour admirer le coucher du soleil. J’ai pu découvrir les endroits typiques de la ville, comme le musée de Nankin, longtemps considéré comme le plus grand musée de Chine avec ses 70 000 m², mais aussi des quartiers entiers occidentalisés, avec des boulangeries françaises et des Starbucks, implantés à chaque coin de rue.

2017 © Valentine ZELER

Puis j’ai passé avec ma famille des moments conviviaux, à parler dans un anglo-chinois, à préparer des raviolis, à promener le chien au bord du lac Xianwu… Eh oui, c’est étonnant mais de nombreux chinois ont un chien et beaucoup ne conçoivent pas de manger ces fidèles compagnons. La viande de chien est une viande très cher, et c’est, pour un bon nombre de Chinois, une pratique ancestrale que l’on trouve dans les villages mais qui n’est plus envisageable dans les villes, qui s’ouvrent à la mondialisation et au regard occidental.

J’ai accompagné ma correspondante dans son lycée, Tian Jia Bing où j’y ai retrouvé mes compagnons de voyage. Nous avons vu, surpris, les élèves faire le ménage au lycée, à l’heure tapante où sonne la musique communiste, ainsi que se ressembler méticuleusement lors des assemblées plénières. L’obéissance, ils connaissent. Avant de rentrer au lycée, les élèves chinois passent 1 semaine dans un camp militaire pour apprendre la discipline. Et c’est, habillés avec des uniformes qu’ils se rendent en cours six jours sur sept.
Malgré le port de l’uniforme, les inégalités sont encore visibles. Les élèves forment des groupes d’amis (ou plutôt des clans) suivant un critère de beauté et de rang social. Ceux qui sont jugés beaux et riches sont les populaires et ceux qui sont considérés comme classe moyenne/pauvre et n’ont pas la »beauté », sont rejetés et subissent des critiques. C’était le cas de ma correspondante et ceci explique que j’étais en immersion totale pendant que mes amis se retrouvaient chaque jour avec leurs correspondants. Malgré tout, j’ai trouvé un esprit révolutionnaire chez mon amie chinoise, elle sait que le système actuel n’est pas stable et juste, et je pense que c’est l’avis de beaucoup de Chinois, qui n’en parlent qu’a voix basse.

2017 © Valentine ZELER

En demandant à ma correspondante, ce qu’elle pensait de Mao Zedong, elle me répondit que, comme tous les Chinois, elle le portait dans son cœur. En la questionnant sur le massacre qu’il avait commis, avec le Grand Bond en avant, ce fut le néant. À l’école, ils ne l’apprennent pas, ils étudient Mao comme ont étudié la France dans les années 1900, uniquement sous ses bonnes coutures.
Un moteur de recherche contrôlé, des réseaux sociaux interdits, la plupart des Chinois restent dans l’insouciance de beaucoup de leur histoire…pour éviter notamment les protestations envers le ‘’Grand Timonier’’
Malgré tout ça, j’ai été très surprise de découvrir des billets chinois révolutionnaires en circulation, appelant à tourner le dos au Parti pour être libre.
Après des adieux douloureux, on finit par Beijing, autrement Pékin.

2017 © Valentine ZELER

L’architecture de la capitale chinoise est un mélange d’ancien et de moderne, que l’on ne retrouve pas à Shanghai.
Pékin, c’est beaucoup d’histoires, avec la place Tiananmen, la Cité interdite, la Muraille de Chine, mais aussi plus récemment le stade national, construit spécialement pour les Jeux Olympiques de 2008.
Pékin, c’est également au printemps, la dispersion du pollen, une neige d’été qui s’abat sur la ville, aussi impressionnant qu’embêtant quand on est allergique.

Mon dernier jour de voyage se termine sur la Muraille de Chine, que demander de plus ?
À bout de souffle après avoir gravi les interminables marches, on se remplit les poumons sur cet édifice spectaculaire, construit durant la dynastie Ming.
« C’est la structure architecturale la plus importante jamais construite par l’Homme à la fois en longueur, en surface et en masse. » (Wikipédia).
Pieds posés sur la Grande Muraille, on se sent infiniment petit, mais aussi très libre avec ce vent qui nous soulève les cheveux et fait voyager les feuilles des arbres encerclant l’édifice.

2017 © Valentine ZELER

Retour en France. C’est toujours difficile de quitter une évasion, la découverte d’un pays, d’une culture, d’une population, pour revenir à la routine métro boulot dodo.

La Chine reste un pays très différent culturellement parlant, mais qui tend à se rapprocher de notre civilisation. Ce voyage m’a ouvert les yeux sur bon nombre d’idées reçues et j’ai l’intime conviction que la Chine est au début de sa transformation du point de vue politique.

2017 © Valentine ZELER

2017 © Valentine ZELER

2017 © Valentine ZELER